L’APPRENTISSAGE : UN DES FONDAMENTAUX DU BATIMENT

Le Bâtiment n’est pas un secteur de parfaits crétins !

6303444_xxlLe secteur du Bâtiment est en proie à une crise économique, mais également à une crise de formation. Tout le système institutionnel français réclame plus de numérique, plus de formation aux économies d’énergie, plus d’innovations, plus d’industrialisation, plus de conseil pour les clients, plus de…

Plus de compétences… en beaucoup moins de temps !

Et les critiques fusent : niveau de qualification trop faible, des artisans qui ne veulent pas se faire accompagner, manque de goût pour la nouveauté, … En filigrane, le Bâtiment, un secteur de parfaits crétins ?

A tort ou à raison, cette opinion se développe, avec un bel arsenal d’argumentation perverse qu’il serait contre-productif de réfuter de façon trop véhémente. Mieux vaut décrypter.

Qu’est-ce qui fait la spécificité du Bâtiment en termes d’acquisition des compétences ?

A mon sens, c’est la culture de l’Apprentissage, avec ses avantages et ses inconvénients. Cela reste une composante fondamentale de la culture BTP.

 

Quels sont les avantages de l’Apprentissage ?

L’Apprentissage met les Savoir-Faires – et non les Savoirs ! – au cœur de la formation. Du coup, la transmission des compétences se fait avec du Sens et de façon Collective : pas d’hypertrophie des objectifs, qui a conduit à la crise financière (cf. Pierre-Yves Gomez : voir cet article). C’est une approche pédagogique de type effectuale et c’est pour cela que ça marche, même (surtout ?) avec des profils scolaires « en difficulté ».

Du coup, la transmission des compétences est très forte avec la constitution d’une Communauté Bâtiment… sans besoin de « Community Managers » !

Je prends beaucoup de plaisir à intervenir notamment chez les Compagnons du Devoir pour ces deux raisons : culture du travail bien fait et fierté d’appartenance à la famille du Bâtiment.

 

Quelle vision de la Gestion ou du Commercial ?

Le premier, c’est le poids de la Tradition qui rend difficile la remise en cause, et donc le changement. C’est une réalité : on gagne d’un côté, on perd d’un autre. Qui peut avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière ? Si on rajoute à cela les difficultés à être connecté en permanence sur les chantiers, il ne faut pas s’étonner que le numérique, par exemple, ait du mal à percer dans ce secteur… Les appels incantatoires et parfois agressifs au BIM témoignent d’une méconnaissance de cette culture Bâtiment.

Le deuxième inconvénient me paraît plus gênant. La minoration des Savoirs au profit des Savoir-Faires s’accompagne indirectement d’une dévalorisation de ces mêmes Savoirs. Et il est vrai que la culture Bâtiment témoigne d’une défiance vis-à-vis de la connaissance pure… et des compétences transverses au chantier : gestion, commercial, organisation, … stratégie ?

Du coup, vu de l’extérieur (grand public ? Institutions ?), cela peut donner une image néfaste qu’un peu d’ouverture sur les « métiers improductifs » (quelle appellation détestable !) pourrait gommer.

Je ne suis pas inquiet : la nouvelle génération qui arrive est très prometteuse… Si la génération Z est « digital native », cela s’accompagne d’une ouverture naturelle à la transversalité. Depuis des années, je surveille l’évolution du terme « improductif » dans le Bâtiment : son emploi diminue, ou en tous cas, ce qu’il représente est mieux assimilé. Il reste aux artisans et dirigeants les plus âgés à changer leur regard sur les autres métiers de l’entreprise

Pour soutenir la culture Bâtiment et dynamiser ce secteur, l’Apprentissage est la voie royale. Je ne peux que me faire le relais du mouvement des Casques Jaunes et vous invite à le soutenir.

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